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La société civile internationale exprime de graves inquiétudes concernant la dissolution du principal parti d’opposition au Cambodge et la fermeture progressive de son espace civique

Image de Reuters/Samrang Pring

Cambodge, 4/12/2017- Le 16 novembre, la Cour suprême du Cambodge a décidé de dissoudre le principal et unique parti d’opposition (CNRP en anglais). Cette action a été considérée par beaucoup comme une manœuvre du gouvernement pour assurer sa domination lors des prochaines élections nationales en 2018. Le Forum international des plateformes nationales d’ONG (IFP-FIP), un réseau mondial de la société civile, rassemblant plus de 22 000 ONG, avec des membres dans plus de 60 pays, publie une déclaration publique exprimant ses regrets de ce qu’il qualifie de violation des libertés fondamentales par le gouvernement cambodgien, et souligne sa solidarité avec la société civile cambodgienne.

Les accusations qui ont été portées devant la Cour suprême étaient motivées par des considérations politiques et n’ont pas été traitées de manière impartiale par la Cour. Plusieurs organisations internationales et divers médias ont soulevé le fait que le juge Dith Munty, Président de la Cour suprême, était un membre important du parti gouvernemental et proche du premier ministre M. Hun Sen. « Sans la possibilité de la contester, cette décision contribue à réduire l’espace politique au Cambodge, laissant une société avec un seul parti politique, celui du gouvernement, et des millions de citoyens sans une véritable représentation politique », a déclaré Magda Toma, la directrice du FIP.

Le Forum international des plateformes nationales d’ONG estime que cet événement ne fait qu’aggraver la nature autoritaire du gouvernement cambodgien. Des lois restrictives pour la société civile, la persécution de militants, la levée de l’immunité de parlementaires de l’opposition, la fermeture de journaux, radios et ONGs – comme Equitable Cambodia ou National Democratic Institute -, l’exil forcé ou volontaire de personnalités politiques, la criminalisation de la liberté politique ; tout cela reflète le climat tendu qui règne actuellement dans la société cambodgienne, l’attitude autocratique du gouvernement et les difficultés que la société civile rencontre pour tenter de fonctionner dans ces conditions.

Le FIP souligne que le Cambodge, par sa Constitution, sa législation et les divers instruments internationaux signés volontairement, y compris le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a exprimé son intention de défendre les droits de l’homme dans toutes ses actions. Par exemple, un document de 2015 envoyé par le gouvernement cambodgien au Comité des droits de l’homme des Nations Unies stipule que « le gouvernement royal et le ministère de l’Intérieur respectent les principes internationaux comme fondement du respect des droits de l’homme et de la démocratie, conformément à la constitution du pays ».

Reconnaissant la responsabilité du Cambodge envers son peuple et envers la communauté internationale à laquelle il appartient, le FIP, représentant de la société civile mondiale, réaffirme son soutien à la société civile cambodgienne et réprouve fermement les derniers événements. « La communauté internationale – responsables de l’ONU, pays signataires, parties prenantes et secteurs de la société civile en général – doit dénoncer ces actes et appeler le gouvernement à s’efforcer de maintenir pleinement les principes fondateurs des Accords de Paris du 23 octobre 1991 sur le Cambodge » déclare sa directrice.

Miguel Santibañez, président du FIP, s’exprimant au nom des 22 000 membres du FIP, appelle le gouvernement cambodgien à « respecter ses engagements en matière de droits humains, à garantir toutes les formes de liberté politique et à mettre un terme au harcèlement des acteurs de la société civile – défenseurs des droits de l’homme et autres activistes ».

À propos du FIP

Le FIP est un réseau mondial de 64 plates-formes nationales et de 6 coalitions régionales, rassemblant plus de 22 000 ONG qui promeuvent un changement politique, économique et social pour parvenir à un monde juste et durable pour tous.

www.ifp-fip.org

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Magda Toma – toma@ifp-fip.org/ + 33 634 78 05 04
Miguel Santibáñez – miguel.santibanez@accionag.cl/ +569 6360 6317